La musique a-t-elle toujours un effet sur notre humeur ?

La musique ne procure pas les mêmes émotions à tout le monde. Tout dépend de la version du gène du récepteur de la dopamine que nous possédons.

Bénédicte Salthun-Lassalle

musique et cerveau

La musique n’a pas le même effet sur le cerveau et l’humeur de tout le monde…

© Shutterstock / YadvigaGr

Pause délicatesse en écoutant une fugue de Bach ou moment insupportable en entendant le brouhaha des voisins du dessus qui fêtent un anniversaire : la musique ou les bruits provoquent des émotions et changent notre humeur. Mais nous ne sommes pas tous concernés de la même façon. Nos gènes interviennent, notamment celui codant le récepteur D2 de la dopamine, le principal neurotransmetteur associé au plaisir, à la récompense et à la motivation. C’est ce que montre une étude réalisée par l’équipe d’Elvira Brattico, de l’université de Helsinki en Finlande.

Les chercheurs ont recruté 38 volontaires, dont 12 hommes, et leur ont fait écouter une musique relaxante et plaisante, puis des bruits irritants, tout en enregistrant l’activité de leur cerveau par imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle. Ils ont analysé leur humeur avant et après les sessions d’écoute, grâce à des questionnaires, ainsi que leur façon de traiter les émotions, grâce à une tâche de reconnaissance faciale. Celle-ci consistait à déterminer sur des photographies le sexe d’une personne qui présentait une expression triste, heureuse ou neutre.

Les scientifiques ont aussi analysé le génome des participants, notamment un gène, celui codant le récepteur D2 à la dopamine. En effet, des résultats antérieurs ont révélé que la musique provoque la libération de dopamine dans les structures cérébrales du circuit de la récompense, impliqué notamment dans l’analyse des émotions, le plaisir et la motivation, et que le récepteur D2 participe à la régulation des émotions. Ainsi, 26 des volontaires présentaient deux formes nommées G du gène, et 12 possédaient une forme G et une forme dite T du gène, ces « génotypes » correspondant à des récepteurs D2 légèrement différents, donc aux fonctions distinctes. Les participants GG ont probablement un niveau de dopamine de base – sans stimulation – faible, comparés aux individus GT.

Les résultats ont montré que seuls les individus de type GG étaient de meilleure humeur après avoir écouté la musique relaxante, et que la musique, comparée au bruit, diminuait chez eux l’activité du cortex préfrontal (impliqué dans la gestion des émotions) quand ils devaient reconnaître les visages. À l’inverse, seuls les volontaires GT étaient de moins bonne humeur après avoir entendu les bruits, et chez eux, comparée au bruit, la musique réduisait l’activité du striatum – une aire du circuit de la récompense.

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